Les coulisses de la création du livre audio : le comédien

Le comédien Frédéric Kneip enregistre un livre audio

Y’a-t-il une préparation et des techniques spécifiques pour enregistrer un livre audio ? Le comédien Frédéric Kneip, lecteur chevronné de livres audio, nous raconte la manière dont il s’organise avant et pendant l’enregistrement.

Frédéric Kneip est comédien au théâtre, au cinéma et à la télévision, il s’est notamment illustré dans les série « Baron noir » et « La promesse ». Il est également metteur en scène et formateur.

Une voix et mille voies

Quand je reçois un texte à lire, je repère les mots difficiles ou étrangers qui pourraient poser un problème de prononciation, les différents personnages, l’articulation entre narration et dialogues. Si l’auteur décrit la voix d’un personnage, je me sers de cette indication, sinon, je m’adapte au choix de la direction artistique, de l’éditrice dans le cas de Voolume. J’essaye aussi de saisir l’ambiance générale du livre : romanesque, thriller, comédie…

Ensuite, au cours de cette lecture en diagonale, je me mets le texte « en bouche », à voix haute, avec quelques pages. En effet, lire est différent de jouer sur scène, mais cela demeure un travail d’interprétation. Un même texte lu par des comédiens différents aura des couleurs différentes.

La plupart des producteurs d’audiolivres avec qui je travaille préfèrent une interprétation sobre, ce qui n’empêche pas de s’amuser avec des personnages plus typés, en général plus faciles à faire d’ailleurs. La difficulté, en lecture, c’est de capter l’attention de la personne qui écoutera, en sachant qu’elle ne reviendra pas forcément en arrière si elle a mal saisi quelque chose, notamment si elle écoute le livre en conduisant ! Il faut donc travailler un phrasé net, que les personnages soient identifiables et les mots bien clairs, tout en rendant le texte vivant même dans de longues périodes narratives. En fait, il est essentiel que ma voix accroche la personne, lui donne envie d’écouter.

Enregistrer un livre audio : un travail physique et délicat

Quand on enregistre on a une posture proche du micro qu’il faut savoir garder. Cependant, je bouge les mains et les expressions du visage, c’est indispensable pour faire passer des émotions dans la voix, c’est ce qui fait la différence entre une lecture monocorde et une interprétation vivante.

En général, on teste d’abord les premières lignes du premier chapitre, puis l’ingé son- et l’éditrice si elle est présente- me donnent leur avis, corrigent, valident, puis on lance l’enregistrement. Au moindre doute, ou si j’ai oublié un mot, trébuché sur une syllabe, je recommence. Le plus difficile est de garder la même voix jusqu’au bout, car avec la fatigue, le timbre peut s’altérer, surtout lorsqu’on travaille par journées entières. Mine de rien, on bouge peu mais c’est un travail très physique.

Le plaisir de l’audiolivre, c’est d’apporter des œuvres directement chez les gens, et également de découvrir des auteurs, de mettre vocalement leur texte en valeur. D’ailleurs, plusieurs auteurs disent qu’entendre leur texte lu, interprété par quelqu’un d’autre, le leur faisait redécouvrir.

Voir dans la même série :

https://voolume.fr/les-dessous-du-livre-audio-une-comedienne-raconte/

https://voolume.fr/les-dessous-du-livre-audio-linge-son/

Nous remercions la journaliste et auteure Françoise Simpère de nous avoir autorisé à reprendre ici l’un des articles des « Dessous créatifs », paru sur son blog http://fsimpere.over-blog.com

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